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Encore un truc de journaliste !... Circulez il n’y a rien à voir...

Les plus grands reporters risquent leur vie à chaque instant.

Et nos chers collègues prisonniers des terroristes depuis plus de quatre cent cinquante jours en sont les douloureux témoins. Tenir le suivi de l’actualité est leur premier objectif de tout reporter ou journaliste, le point de passage obligé de l’activité comme de la qualification. Ils la doivent comme un albatros est contraint d’avaler le poisson avant de le régurgiter à ses petits.

Leur Direction, les concurrents, se surveillent et le public attend fiévreux et exigeant,ce qu’ils doivent lui transmettre à chaque instant, sans délais, comme les affamés.
Cette profession paye le prix fort de l’actualité et de la vérité. Les ordres qui viennent d’en haut presque indiscutables. Les annonceurs qui assurent quasiment et même trop souvent le financement et la régularité de la parution. Ils prennent ou exigent un droit de regard et orientent ce qui, logiquement, devrait paraître à nu.
Avez vous,avons nous une conscience ? Une opinion et savons nous le fond des choses ! Vous rendez-vous compte de la teneur de ce que vous serez obligé de dire et de ce
que vous ne pourrez que dissimuler ? Là n’est pas toujours la question.

Les syndicats ouvriers,cadres et autres se méfient, les Patrons méprisent souvent.La police les tient en haleine le plus qu’elle le peut...la Justice également. Les politiciens tiennent parfois le balancier, ou bien sont sur un des plateaux... Mais un jeu de « qui perd gagne » peut s’installer...et toute sympathie, toute connaissance même approfondie des sujets et toute réflexion lucide même parfois les plus évidents n’entrent pas toujours en compte dans des articles qui s’efforce de rester objectifs.

Au cœur de ce livre deux hommes,l’un parisien l’autre de Province. Rien à faire sinon la différence !
Pourquoi et comment ?
Un pataquès de première se déclenche en une de nos villes loin ou proche de la capitale et dans la demie-heure le plus grand quotidien des Régions de France se verra “doublé“par un National“. Une usine rachetée par une multinationale et vlan..le renseignement transpire. Et le patron de l’affaire qui subventionne le club de foot du coin,ne doit pas être confronté aux misères de sa “boîte“. Du moment qu’il officie dans le Foot...Alors !
Usine en grève. Patrons ou cadres en otages ? Et voilà la Presse nationale qui débarque à Bécon les Bruyères ou Saint Antonin noble Bastide, histoire de sortir un scoop qui sera soit-disant le premier. Disparition, braquage, cambriolage époustouflant, crime non élucidé, erreur judiciaire,procès à scandale. Tout juste si les poeple de province peuvent rester chez eux comme gloires locales.
Et tout à l’avenant car jamais vous n’empêcherez ceux qui vivent et survivent à l’intérieur de leur ceinture d’autoroutes et périphériques imbriqués, de bêcher la Province. Décriée,méprisée... Et pourtant combien de gloire nationale en sont sortie ?

Au cœur de ce livre deux hommes, l’un parisien l’autre de Province. Ce sont des êtres humains ! Du, moins ils le pensent, et voudraient ne pas perdre, tout au long de ce parcours d’embûches et de “vacheries“, l’esprit et l’enthousiasme, la pureté et le goût du métier du jeune diplômé entré à la rédaction, animé jusqu’aux tripes de la passion de la vérité et de l’information bénéfique.
Mais, de sandwiches en faux gueuletons et cocktails insipides, de nuits blanches en vacances écornées par les urgences, d’épouse en gamins qui ne supportent plus votre métier, que devient-on ? Un jour, il y a seulement quelques années... on a quitté Paris à la suite d’une tragédie que l’on enferme en soi afin de ne pas perdre à jamais le bonheur merveilleux que l’on ne reverra plus.
Pour un autre il faudra s’habituer à des conquêtes de passage et à de mornes soirées de bavardages sans but. Et le passage à vide, les questions sur l’opportunité de continuer ce boulot ne manquent pas. Le célibat, vrai ou aménagé vous attend au milieu de gué ! Mais ils avancent, car malgré tout ce chien de métier on l’aime.
Et même, bien peu d’entre nous en souhaiteraient un autre. Même s’il faut entrer dans la salle de rédaction à trois ou six heures du matin selon le cas. Ou bien parfois s’endormir sur son fauteuil juste à côté du bureau pour terminer ce que l’on a commencé ! Au réveil la première pensée sent le café et le croissant. Même en province.

Par delà les faits et les satisfactions qui ne manquent pas dans ce métier il y a la lourde différence de ce que les gens voient de nous journalistes et ce qui fait notre quotidien. Notre vie.
Ce n’est pas sans émotion que ce livre se referme. Il concerne, à quelques différences près, les “accros“ de leur métier de toute nature... Passionné, captifs et malgré tout heureux d’eux mêmes. Avec collègues, chefs et patrons pour jouer sur leur nerfs, souvent avec... ce sentiment et cette accoutumance.
Et même dans la façon grinçante de donner une démission à ce “fichu canard de nouilles et de province“, celui qui part gardera un accent de regret pour ce qu’il laisse à l’arrière en claquant la porte. Des années que l’on ne vit passer qu’en courses folles ! D’autres gars ou filles comme soi dont le visage et le sourire s’effaceront en vous blessant l’âme. Une tranche de vie dont on n’est pas du tout certain que l’on aurait pu en faire autre chose.

J’ai infiniment apprécié ce livre. Rien n’y est gratuit ni utilisé en “faire valoir“. Il est, malgré son amertume sous-jacente, un arrêt sur image qui délivre un message fort : celui de garder son estime de soi, sa conviction de tout faire pour que le maximum de vérité triomphe.
A ce prix là,on gagne au moins le sentiment d’être presque utile aux autres.

Jacques Rouil
Les hommes de papier
L’àpart
Buissonière
A voir sur le site des éditions Cheminements

Amalthée

 

Les Hommes de papier par Jacques Rouil

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