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Shakespeare s’inspira de la chronique de Raphael Holinshed pour écrire sa pièce qui fut représentée en 1600 ou 1601 au théâtre du Globe.

La première représentation de l’œuvre de Verdi sur un livret de F.Maria Piave eut lieu à La Pergola théâtre de Florence en 1847 à la période du Carnaval comme le précisait la commande faite à Verdi.

Le public reçut l’œuvre par un triomphe . L'opéra de Zurich en donne une production absolument formidable jusqu'au 7 mai.

 

Deux versions se succédèrent celle de Paris en 1865 et celle de Milan en 1874 qui est la phase achevée du compositeur.

Drame d’une intensité musicale très forte et d’un déroulement dramatique sans faille.

Macbeth ,pour moi , annonce la perfection  d’Otello et de Don Carlo dans la symbolique  Verdienne.

Les textes et la musique sont intimement imbriqués et tendent à se fondre dans la figuration tragique et événementielle d’une seule portée implacable jusqu’à la catharsis accomplie dans une  folie extatique.

Le chef ici Théodore Currentzis et la mise en scène Barrie Kosky, décors de Klaus Gründberg   génèrent les mêmes images sonores et visuelles capturent  et captivent  l’attention du spectateur . Le rendent prisonnier de la scène et  rien ne  vient s’interposer entre cette tragédie et son être tout entier requis.

L’idée de ces quatre rampes  parallèles bâties et scandées par des spots lumineux d’intensité réglable,  peu à peu suivant le trait visuel de leur effet de   perspective convergente en un point au delà du fond de scène, est proprement stupéfiante. L’esprit et l’attention sont pris en charge et comme isolés du reste de la salle . La noirceur  nuancée et réglée en intensité suivant le déroulement des évènements tout comme les rares accessoires créent le climat inquiétant et la torpeur de la pensée de Macbeth ce roi assassin par effet secondaire puisque c’est sa femme Lady Macbeth qui ordonne et déclenche les actes du drame.  

L’histoire  est concise et fend le temps comme un sabre.

 Époque :début du XIe siècle . Ouverture par le bal des sorcières dans un bois sombre ,ces dames projettent de troubler Macbeth en lui annonçant qu’il sera Roi d’Écosse et que la descendance de son compagnon  Banco règnera  ensuite.  Macbeth écrit à son épouse pour lui narrer ces étranges prévisions. Lady Macbeth apprend dans le même temps que le  Roi  Duncan fera halte en leur château. Elle convainc alors son mari de  l’ assassiner. La meilleure chose à faire pour régner ! Macbeth est atteint de remords . Banquo à son tour sera tué mais son fils Fléance parvient à s’enfuir. Le reste de la Cour est pétrifié d’horreur.

S’ensuit un banquet ,puis une cascade de rires ordonnancés par Lady Macbeth. Mais Macbeth voit apparaître le spectre de Banquo et la folie s’empare de lui et les convives se détournent de lui ,très inquiets.

Les sorcières ressurgissent et trament des philtres pour la visite de Macbeth venu les interroger . Elles lui disent de se méfier de Macduff et font apparaître des spectres sensés le rasséréner. Huit rois-qu ‘il imagine- de la descendance de Banquo ! Enfin qu’il n’a rien à craindre de tout être né d’une femme.

À son réveil Lady Macbeth présente lui intime de se venger de Macduff…mais il est en Angleterre.

L’Écosse souffre et le chœur l’explique par les proscrits écossais réfugiés en Angleterre. Macduff atteint le désespoir sans retour , sa femme et ses enfants ont subi le meurtre perpétré par Macbeth et sa femme. Il ne vit que pour la vengeance. Malcoln survient avec l’armée du roi d’Angleterre pour leur porter secours.

La folie s’empare de Lady Macbeth et dans une immense scène sans égale dans tout le théâtre lyrique exprime remords et hallucinations.

Macbeth apprend la mort de sa femme sans broncher et se hisse au sommet de l’indifférence en proclamant que la vie n’est rien …croyant ne jamais être vaincu. On lui apprend que les arbres de la forêt de Birman avancent vers lui et Macduff  avant de plonger son épée qu’il a été arraché du sein maternel avant sa naissance naturelle.

La soprano Tatiana  Serjan se saisit de Lady Macbeth avec un caractère altier , de fer et de sang. Semant troubles et de délices en flammes,  elle présente une  splendide voix chaude de soprano lyrique  teintée d’harmoniques dramatiques, à l’ambitus étendu et large d’une gaine sans défaut. Déjà un timbre personnel original alors que la jeunesse du  souffle( souverain) venu du fond de l’être se ressent à l’évidence dans toute sa puissance.  Un enthousiasme et une volonté  trempés pour  posséder ce rôle. Et Verdi aurait dit qu’il fallait de la laideur ? Et bien elle parvient à  ces quelques accents très durs et presque éructés qui font de son chant un “combat“ ! Mais avec la mesure ! Car  l’expression de cette rage possessive, affective et paranoïaque d’une  épouse maitresse cruelle et avide , la technique  et la densité vocales dont elle use la lui offrent. Cette cantatrice  assujetti l’auditoire sous un charme bénéfique et maléfique, pour l’heure, à la fois.  De Lady Macbeth elle vit les pulsions  viscérales criminelles inhumaines avec superbe terrifiante  et s’effondre de l’intérieur dans une scène de la folie d’ une grâce souveraine  et pitoyable , malgré un reste de dignité qu’elle parvient à laisser paraître.

Le Macbeth de Markus Brück de grande allure, stature puissante et élocution idéale. Une voix d’une très belle qualité de timbre,  un phrasé musical impeccable. L’expression dramatique de l’hésitation angoissée au coup de tête orgueilleux puis la chute dans l’incertitude et la démesure de l’angoisse  tragique, les renversements de situation et les changements de registres sont impeccables. Il domine son rôle et passe de l’égarement à une puissance d’autorité fébrile sans encombre.

Wenwei Zhang , puissant et  nuancé en Banquo de classe supérieure. Pavol Bréslik  qui donne de Macduff une allure remarquable de rage et de nuances d’un désespoir bouleversant. Airam Hernandez  et Ivana Rusko  respectivement Malcoln et la camériste de Lady Macbeth sont également impeccable de tenue vocale et de musicalité.

Musicalité et tenue de l’orchestre dans ses moindres aspects tout comme maîtrise absolue de la partition dans son essence et dans la pensée profonde. Le chef grec Theodor Currentzis atteint ici à une forme perfection d’interprétation qui laisse en arrière les souvenirs. Alliant jeunesse et expérience ce chef d’une qualité d’analyse et de rendu instrumental impeccable prend possession de la partition pour être un temps non comptable, le double du compositeur. La partition avance inexorable ,balayant tout sur son passage. Il est Verdi il vibre et fait vibrer son monde. Il a une idée intacte dénuée d’hésitation et ce qu’il rend touche infiniment à la sensation d’entrer enfin pour deux heures dans un autre monde.

Une magnifique réalisation. Un bonheur d’écoute et vision exceptionnel.

Amalthée

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Hélène Cadouin dite "AMALTHÉE"

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