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 Richard Wagner

 Seule comédie après Liebesverbot[1]   , les Maîtres tiennent un place rayonnante et savante dans l’oeuvre de Wagner. Le Prélude,  véritable symphonie , présente le sujet dans une   architecture rutilante ,  ouvragée comme un vitrail ,  dont Arturo Toscanini à Salzbourg même , en 1936 laissa une trace indélébile.

Composé entre 1862 et 1867 et dédié au Souverain Louis II de Bavière, la Première eut lieu à Munich le 21 juin 1868 au Théâtre de la Cour[2]. Le chef d’orchestre était Hans von Bulow qui vingt ans plus tard mit l’ouvrage au répertoire du Festival de Bayreuth .

L’œuvre entière s’appuie , comme issue de  la tradition de l’art musical et vocal allemand . Depuis les minnesanger [3] et  auquel viennent se greffer l’autre versant, celui  des textes sacrés qui unissaient par leur pratique chorale, dans la peine, la joie et l’amour  le peuple, ses bourgeois et ses élites . [4]

Hans Sachs[5]  exista bel et bien et  Wagner transporte tous ses personnages de caractères trempés et divers par  analyse et recomposition ouvertes à l’Art de l’Avenir. Oeuvre d’art total , action théâtrale, musique et chant traditionnel, musique de l’avenir, décors, costumes etc .

 Le Prélude [6]se fond dans la première scène qui se déroule à l’église saint Catherine alors que l’office se termine, et que tous les personnages s'y trouvent à chanter le choral traditionnel :

Da zu dir der Heiland kam … le Sauveur  vers toi s’avança

L’orchestre de la Staatskapelle Dresden sonne magnifiquement [7] pour ce Prélude si fameux dont Christian Thielemann, son chef permanent [8]   déployé maîtrise, brio instrumental sans ombre couronné d’ un grand élan  lyrique.

Dès le premier tableau  la mise en scène  s’annonce brouillonne et  déplace à notre époque contemporaine l’action  , au point que l’on se  perd complètement. Les acteurs aussi ! Il nous a fallu supporter des T-shirts mal assortis et de couleurs criardes. Trop de détails qui encombrent les jeux de scène des acteurs chanteurs ainsi que les sous-entendus et mimiques particulièrement tissés à la musique et au texte par Wagner. L’équipe de J.D.Herzog, M.Neidhardt décors et Sybille Gädeke s’est planté dans une banlieue quelconque, d’un pays passe partout. On les oublie vite !

Passons aux chanteurs :

Par bonheur Georg Zeppenfeld occupe le devant de la scène et le temps suspendu de cette comédie poétique , philosophique d’une profondeur insoupçonnable, à laquelle il  donne toute sa dimension et sa noblesse[9] ! Un Hans Sachs d’exception, mature, encore séduisant à l’élocution musicale vraie, directe,  dominant une technique vocale et musicale parfaite. Une expression   chargée des seules intonations  naturelles, et, pourtant  émues et tendues de sentiments  en fin de jeu !  Sachs, se retrouve seul après l’ épreuve.  Le jeune Walter von Stolzing chevalier poète,  conquiert la  main. d’Eva en Maitre, mais laisse les Anciens à leurs postes.  Zeppenfeld humain trop humain habite son personnage en solitaire. Cet artiste marque ce rôle wagnérien de manière profonde et durable.      

Nous pouvions espérer voir et entendre chanter le coeur apaisé, heureux et foisonnant de son riche passé culturel  une Allemagne historique et musicale  parée de poésie et d’amitié. Ce fut vrai grâce au chef et aux chanteurs côté messieurs et Chœurs.

Le Walter von Stolzing de Klaus Florian Vogt est aussi joyeux et colérique que sur les scènes de Bayreuth, Vienne et autres. Il a rodé son personnage depuis une quinzaine d’années. Il possède exactement la voix du rôle et le physique intéressant. Il est jubilant comme capricieux et terriblement sympathique.

Le Maitre et Marqueur haut en couleurs  Beckmesser est magistralement interprété par Adrian Erôd

 que l’on connaît comme excellent chanteur comédien  à la voix suffisamment souple pour donner les effets de fausset du second acte et la grandiloquence affectée du premier. Quand au troisième il le réussit aussi , mais parvenant presque à la hauteur d’un Hermann Prey par sa faculté de résignation douloureuse. Il sait manier l’humour et l’esprit de dérision avec tact et finesse.

Excellent également le ténor Sebastian Kohlhepp en David. Vif et déluré par instant. Il campe un David un peu âgé pour le rôle, mais il nuance parfaitement ses scènes et dans la première la, plus importante pour lui il domine nettement toutes les ambiguïtés de sa partie.

Soyons indulgents pour l’Eva de Jocelyne Wagner,  vocalement peu crédible et scèniquement sans intérêt dans ce rôle. Quant à Christina Mayer elle officie en Magdalene avec ses atouts habituels.

Parmi les maitres,  Vitalij Kowaljow Pogner le père d’Eva excellent. Levente Pàll en Kothner également deux interprètes à la pointe de leur jeune talent qui laissent augurer de belle soirées dans le futur.

Une représentation de bon niveau , mais qui est loin des exigences et de la tradition de ce festival de Pâques, à part sur le plan musical

Amalthée

 

Argument des Maîtres Chanteurs

 

En Franconie à l’époque d’Albrecht Dürer ( 1471-1528)[10], Walter von Stolzing , jeune noble se prévalant d’une veine poétique certaine, se rend à Nuremberg [11]où siègent des artisans, commerçants et artistes réunis en une guilde afin de composer, chanter et instruire en musique , poésie et chant.

Ces Maitres  Chanteurs sont peu ou prou conduits par Hans Sachs. Le mieux instruit, capable de composer poésie et chant  il exerce le métier de bottier, chausseur. L’orfèvre Veit Pogner dont la fille Eva a été vue et suivie à l’Église Sainte Catherine (1er tableau)par Walter , s’entretien de ce jeune homme avec Hans Sachs alors qu’une réunion des Maîtres doit se dérouler à Sainte Catherine . On y fera donc une audition pour éprouver les compétences de ce jeune poète, et s’il peut prétendre à la main d’Eva.

Car, la fille de l’orfèvre ne peut épouser qu’un maitre. Tel est la volonté de son père et la tradition. Hans Sachs organise avec l’aide de David son apprenti la fameuse audition dans les deux heures qui suivent. Cependant que Sixtus Beckmesser  sera le “Marqueur“, comprenons celui qui souligne les fautes commises par le candidat . Ce dernier se verrait bien , également, en Soupirant d’Eva. 

Or Walter même si il se targue d’avoir en suivi le célèbre troubadour Walter von der Vogelweide dont il sait tout , compose un eu trop librement pour ces maitres  de la  tradition. Il est rejeté après une séance houleuse.

Emotion terrible qui provoque une  admiration mêlée d’étonnement en Sachs ayant senti un

 “futur “poète dont il faudrait sans aucun doute discipliner le talent pour qu’éclore le génie.

Mais qui fait naître en Beckmesser une terrible jalousie ! Car il veut  absolument séduire Eva, étant maitre chanteur lui même.

Une amitié  très discrète et profonde lie Eva  depuis son enfance à Sachs qui l’a vue naître et qui est veuf sans enfant.

Beckmesser reçoit en cette nuit précédent la Fête de la Saint Jean une sorte de leçon de la part de Sachs tandis que ce dernier lui termine ses chaussures neuves au cours de la nuit.

Le lendemain matin à la suite du scandale ayant ponctué la fin de la soirée dans la rue avec force dissipation de la population avant le couvre feu,  Sachs qui a détourné  Walter du projet d’enlever Eva, le prépare à une épreuve publique au cours de la Fête de la Saint Jean : mettre son rêve de la nuit en musique.

Beckmesser , qui a pris une volée par David croyant que ce dernier roucoulait sous la fenêtre d’ Eva, revient chez Sachs à l’impromptu . Ayant vus les notes prises par ce dernier au cours de la leçon donnée à Walter, il imagine  le bottier  prétendant lui aussi à la main d’Eva. Détrompé il repart avec les notes dont Sachs lui a fait cadeau.

Au troisième acte, Beckmesser tente de gagner le tournoi improviste de la Saint Jean en utilisant ces fameuses notes.  Mais il faillit à lire la notation du poème de Walter faite par Sachs et se couvre de ridicule. Sachs rétablit la vérité,  révélant qui est le véritable compositeur et Walter triomphe et épouse Eva . Mais il refuse de devenir Maître.

Amalthée 

 

 



[1] La défense d’aimer 1836

[2] De Bavière alors royaume et qui fut intégré au deuxième Reich(Empire) en 1870

[3] equivalent de nos Troubadours et Trouvères

[4] Rappelons que Nuremberg était une ville libre d’Empire avec ses franchises et ses droits bien établis, liées à l’Empire romain germanique par un enemble de traités et de chartes

[5] Authentique Maître de la confrèrie . Bottietr et chanteur de Nuremberg à l’époque du célèbre graveur et peintre A.Durer, ayant existé tout comme les maîtres qui l’entourent.

[6] On évitera de dire Ouverture à éviter chez Wagner

[7] comme pour les concerts dont nous parlerons la semaine proochaine.

[8] Et chef du festival de Pâques de Salzbourg

[9] au sens absolu du terme

[10] Signature Albertus Dürer .Albrecht Dürer Nürenberg  Dessinateur ,graveur, peintre,premier maître géomètre et intitiateur de la perspective  linéaire.

 

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Hélène Cadouin dite "AMALTHÉE"

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