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Mais aujourd'hui encore, je cherche en vain une œuvre qui ait la même dangereuse fascination, la même effrayante et suave infinitude que Tristan et Isolde. Le monde est pauvre pour celui qui n'a jamais été assez malade pour goûter cette “volupté de l'enfer”. F.Nietzsche Ecce Homo 

 

Oeuvre prodigieuse et unique née dans le fil du destin du compositeur ,écrite comme la  délivrance d’un amour alambiqué, narcissique ,inassouvi et impossible.

La légende celtique  Tristan et Iseut occupe Richard Wagner alors en Suisse qui en écrit le poème  puis la musique entre 1857 et 1859 . Le drame lyrique sera représenté en Première   le 10 juin 1865  au théâtre royal de la Cour  de Bavière à   Munich grâce au patronat de Louis II mécène du compositeur.  Sous la direction de Hans von Bulow1

Dans l’opus wagnérien Tristan et Isolde marque l’histoire de la musique occidentale  par l’aboutissement de la métamorphose permanente du style dramatique  et de  l’ écriture du  compositeur .  Par son art affinée de la mélodie infinie qui de thème en thème semble ne jamais s’achever . Par le prodigieux accord dit: accord dit de Tristan2 qui donne à cette musique son  incandescence  et sa stabilité en constante mouvance tendue et retenue tour à tour tel une succession infinie de  vagues toutes semblables et toutes  transformées.

Le compositeur parvenu à  parcours de sa carrière, sentimentalement las de Mina son épouse des jours de misères dévouée se trouve presque dans un dénuement matériel pitoyable. Il   est alors  l’hôte des Wesendonck dans une villa de leur propriété ,l’ l’Asyl  à Zurich. Malgré la générosité du mari, Richard tombe éperdument amoureux de Mathilde, épouse fidèle et poétesse de talent.

 Les Wesendonck lieder sont le fruit de cette inclination il sont contemporains  de deuxième  partie du Ring3 La Walkyrie.Deux lieder seront annoncé par Wagner comme essai pour Tristan et repris presque note à note Traume4 (rêve)et Triebhaus  (dans la serre)5

 

Les représentations de Tristan et Isolde de cette année 2019  furent les dernières de la mise en scène de Katarina Wagner6 pour  Bayreuth. Une conception personnelle de l’oeuvre qui  aboutit non pas à la mort extasiée et complète d’Isolde sur le corps sans vie de son amant Tristan, mais  à un retour au foyer du roi Marke qui la tire violemment par la manche. En dehors de cela le décor de Fanck Philippe Schlossmann et Mathias Lippert  est  saisissant  surtout dans les actes deux et trois , celui du premier acte avec ses échafaudages de métal n’ayant pas recueilli l’unanimité; il s’agirait du labyrinthe de l’amour. À la place du bateau amenant la fiancée à son futur et royal époux.On a perdu le labyrinthe au deuxième acte pour des petites tentes de tissus transparent et  barres de fer de prison à la place d’un lieu de rencontre  dans la nuit. Au troisième acte c’est le plat de la terre.

Ce qui compte est la distribution.

Et surtout le magnifique Tristan de Stephen Gould qui, à cinquante sept ans domine ce rôle avec un style, un panache  confondant. Un chant percutant, nuancé, tragique et ressenti par toutes ses fibres d’un être brûlant de  passion devenu flamme dévorante.  La puissance vocale maîtrisée demeure stable tout au long du drame. Il parvient au troisième acte la voix absolument claire , souple sans aucune trace de fatigue et achève sa plainte dans la plus totale fusion à la musique qui semble l’emporter avec extase.

Petra Lang  fait face! Explosive , véhémente , courageuse dans ce rôle  chaud et glacé en alternance elle se montre inspirée , la voix ample et fiable. Reste que le timbre manque de grain et l’expression sans grande nuance. 

La Brangäne de Christa Mayer est toujours parfaite vocalement sans les couleurs cuivrées si nécessaires.

Georg Zeppenfeld campe un Roi Marke non pas  noble et grand seigneur mais boutiquier parvenu, mesquin et pervers. Le chant est toujours magnifique mais le chanteur semble ne pas entrer dans la mise en scène.

Greer Grimsley donne un Kurvenal assez plat avec un chant souvent impersonnel peu  inspiré.

Christian Thielemann parvient à porter la partition à son apogée.  

L’orchestre brille, scintille et fluctue comme une mer tantôt déchainée tantôt sereine brillante sous le clair de lune. Ce que la mise en scène peine à  nous offrir , les nuances les plus délicates , les envolées éthérées comme les développements  les plus  étendus vers le gouffre comme vers  le ciel, nous le ressentons dans cette musique immense ,intemporelle, infinie.  

Amalthée

 

 Synopsis

Le roi de Cornouailles Marke , a reçu la tête et l’épée de Morold envoyée en tribut par Tristan son neveu, ayant tué le chef de guerre irlandais.

 Morold , fiancé d’Isolde princesse d’Irlande que l’on dit magicienne.Morold avait débarqué  en Cornouailles pour punir  les révoltés contre le joug féodal  d’Irlande.

Tristan,blessé par l ‘épée de Morold empoisonnée par Isolde se rend en Irlande passant pour  naufragé afin de recevoir l’antidote du poison que l’épée a laissé dans sa plaie . 

Isolde le reconnait ,s’apprête à le tuer… soudain le regard de Tristan la force à y renoncer. Elle le soigne, le renvoie pour ne plus recevoir  ce regard qui la brûle.

Quelques années plus tard la paix est faite. Isolde promise à Marke  comme gage entre les deux pays est amenée à Marke par Tristan.

La princesse d’Irlande rétive au mariage veut  user d’un poison mortel. Mais  suivante  Brangäne  inverse les filtres devinant la passion non avouée d’ Isolde.

Tristan, et Isolde avant de débarquer partagent la coupe de l’ élixir d’amour croyant boire à la nuit à la mort et s’enlacent .

Au cours d’une nuit  de chasse, Isolde et Tristan se retrouvent pour assouvir leur irrésistible désir d’amour et de mort .

Dénoncés par Mélot à Marke. Un combat s’ensuit, Tristan ne se défend pas.

Tristan mortellement blessé est transporté à Karéol en Bretagne par Kurvenal son écuyer.

De longs jours s’écoulent avant qu’Isolde puisse le rejoindre.

Suivie par Marke auquel on a tout expliqué et qui vient apportant son pardon, Isolde prostrée et portée par son extase expire en une suite de stances chantée à pleine voix

 

1 alors époux de Cosima Liszt fille de Franz Liszt et de sa maîtresse Marie d’Agoult. Cosima  jeta son dévolu sur Wagner,  quitta Bulow pour devenir la compagne, puis l’épouse de Wagner de 24 ans son ainé! Hans von Bulow n’en demeura pas moins un admirateur du génie de Wagner! 

2 fa, si, ré et sol. Plus généralement, c’est tout accord constitué des trois mêmes intervalles au-dessus d'une note de basse : quarte augmentée, sixte augmentée et neuvième augmentée. 

3 L’anneau du Nibelung

4 que l’on retrouve dans le duo d’amour du deuxième acte 

5 Troisième acte prélude

 

6 arrière petite fille du compositeur

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Hélène Cadouin dite "AMALTHÉE"

Borde Basse

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