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Moi La Malmaison,  L’amie intime de Joséphine

par Françoise Deville

Éditions La Bisquine

 

Chaumière où du foyer étincelait la flamme,

Toit que le pèlerin aimait à voir fumer,

Objets inanimés, avez-vous donc une âme

Qui s’attache à notre âme et la force d’aimer ?…

Lamartine

 

Une Maison ! Un château ? Et quelle demeure.

 

Elle appartint à Richelieu qui aimait s’y reposer puis elle fut l’héritage à la Duchesse d’Aiguillon. Elle servit de refuge à Louis XIV, Anne d’Autriche et Mazarin régente, au cours de “La Fronde”. La Paix de Rueil, mettant fin à cette rébellion de seigneurs contre le jeune roi y fut signée le 11 mars 1649. Madame de Maintenon y installa un temps les orphelines de la noblesse avant de se transporter à Saint Cyr plus près de Versailles.

Vendue comme “Bien National” à la Révolution, un temps propriété de Massena futur Duc de Rivoli elle devient propriété de Bonaparte et Joséphine de Beauharnais dès le début de leur union ;

Joséphine passionnée de botanique et surtout de roses et de plantes venues des deux hémisphères, y porte toute sa passion et des revenus quasiment sans limites. Demeure du couple dès l’acquisition, Joséphine y vivra à temps plein à partir de leur séparation en 1810 et jusqu’à son dernier souffle. 29 Mai 1814. Son tombeau se trouve à l’Église de Rueil tout à côté.

Napoléon avant de quitter la France et d’être trahi par les Angllais y passera ses dernières heures de liberté avant Sainte Hélène.

Au cours de leur vie commune Bonaparte devenu l’empereur Napoléon séjourne et travaille à la Malmaison comme en une demeure familiale.

Hortense et Eugène, fille et fils de Joséphine et d’Alexandre de Beauharnais, guillotiné en 1794, y vécurent dans l’intimité de parents attentionnés. Napoléon les aimait comme ses propres enfants qui le lui rendaient d’une tendresse absolue.

Françoise Deville donne la parole à cette demeure à la manière d’une personne.

Moi, La Malmaison nous conte par le menu les joies et les peines de la Consulesse et Impératrice née Marie Josephe Rose Tascher de la Pagerie le 23 juin 1763 à La Martinique.

De leur rencontre et leur mariage civil peu avant la Campagne d’Italie par le victorieux Général Vendémiaire, ce surnom un moment donné au futur empereur, leurs gestes les plus intimes se délient dans la Maison à l’atmosphère créée par Joséphine, et bue avec délices, par lui, toujours sur le chemin de ce havre, de cette âme faite demeure dès que la carrière lui laisse un répit.

On saisit à quel point Bonaparte, le Bonaparte de Joséphine aima Sa femme, et comment elle en parut, quelques fois, douter. Et en vrai en jouer, en être coquette, en avoir peur ! En être profondément pénétrée. On parvient à imaginer cet amour de Marie-Rose pour son sauveur, puis son amant très cher auquel elle apporte la délicatesse, les caresses d’une amante experte et unique. On apprend son dévouement, à quel point elle compta dans sa jeune carrière par ses amitiés, ses intrigues, voire ses capacités à gagner l’énorme quantité d’argent indispensable à son train de vie.

La différence entre leur situation, leur état : elle l’aristocrate raffinée, subtile capable de tout pour le demeurer. Lui, parvenu glorieux, noble de petite origine, élève exceptionnel de l’École de Brienne, d’une instruction phénoménale et d’une intelligence hors normes en avant et au-dessus de l’ordinaire des évènements et des “concurrents” révolutionnaires. Un couple d’un dynamisme, d’un feu, d’une force exceptionnelle, pour un destin fabuleux dans une époque qu’ils concourent à forger, dûe à un concours de circonstances et de coups de chances et de génie uniques.

Les événements marquant de leur destin commun font l’objet de nombreuses, intéressantes et indispensables biographies. Dont acte.

Mais cette confidence de leur Maison, Malmaison ne ressemble en rien à cela.

Nous demeurons le temps d’une lecture dans l’enchantement de deux esprits, deux âmes qui se souviennent d’eux-mêmes, à la manière de paroles retrouvées dissimulées au revers d’un miroir.

Le mystère demeure un peu flottant parmi les effluves embaumés des jardins et des murs de l’endroit. On comprend l’amour et ses nuances infinies de sensualité tendre et infiniment harmonieuse liant d’un seul, corps et âmes, ce couple d’une étoffe exceptionnelle. Nous sommes touchés au plus profond par cet intense, dense et miroitant sentiment qui enveloppa ces deux êtres qui durent se démettre de leur amour, de leur entente, de leur colère, de leur immense chagrin et compassion. Lui concerné par un avenir dynastique qui se révéla inutile. Elle revisitant sans cesse au cours de quatre longues années les parfums, les silhouettes et les mots et gestes de ce qui fut et demeura grâce à ce lieu unique pétri de leur chair, de leurs âmes et de leur amour. Amour incomparable, insoupçonnable pour ceux qui savent aimer vraiment.

Les pièces et murs comme les Jardins et la serre furent dévastées lors de la venue des Prussiens et des Autrichiens à Paris en 1815. Les Anglais dans le même temps pillèrent ce qui pouvait se transporter, après la seconde abdication de Napoléon.

Les héritiers durent tout d’abord sauver leur vie et leur fortune. Hortense et Eugène par bonheur y parvinrent. Le fils d’Hortense, Napoléon III devenu empereur à son tour, remit de l’ordre. Aujourd’hui c’est un musée.

Un livre intime comme une confidence. Un moment de grâce et d’évasion délectable, intelligent et poétique.

 

Amalthée

Éditions la Bisquine

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Hélène Cadouin dite "AMALTHÉE"

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