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Appelé Singspiel et répondant parfaitement au désir comme aux ordres de l’Empereur Joseph II-Prince cultivé et adepte de la philosophie des Lumières, L’enlèvement au Sérail est le premier ouvrage lyrique de langue allemande.

Gottlieb Stephanie le Jeune fournit à Mozart une comédie aux détours tragi comiques mettant en évidence le progrès intellectuel à la conquête des couches de la société du Saint Empire Germanique. Et cela, surtout, jusqu’à certains membres éminents de l’aristocratie. À l’origine la pièce est signée Christophe Friedrich Bretzner.

Joseph II était Franc Maçon, donc sous certains aspects libéral, il encourageait les artistes et se tenait près de son peuple comme sa mère la grande Marie Thérèse se voulait de l’être.

Le Burgtheater était un lieu pour  des pièces et  oeuvre écrites en langue allemande.

Rappelons que l’opéra à cette époque , vus surtout par la haute société, est  chanté en Italien,  qu’il s’agisse d’opéras sérieux ou de pièces bouffes proches de la Commedia del Arte italienne .

Mozart que le livret enchante crée un véritable opéra, avec ses airs de bravoure pour les personnage typés et les chœurs ,le tout dans un équilibre parfait et une symbiose musicale d’une exceptionnelle ferveur pour l’époque, qui passe largement au dessus des dialogues parlés qu’imposent la forme.

Le Capitole de Toulouse nous propose donc en ce moment et jusqu’au 5 Février une production en amicale coopération des théâtres de Fribourg et Lausanne et Suisse et Tours en France.

Tom Ryser met en scène et joue le rôle parlé de Selim, avec une économie de gestes remarquable. Ce qui permet de couper, avec juste motif,  pas mal de dialogues  fastidieux pour nous qui sommes de langue française. David Bedagou évite de tomber dans l’imagerie ringarde du Sérail de papa avec alambics à thé et fausse fontaine. De belles tentures à fleurs géantes et à dessins géométriques très construits forment le fond de la scène évoquant les lieux……Quelques effets d’ombres chinoises au début et de clips vidéo complètent cette mise en espace intelligente. Les costumes peuvent être d’aujourd’hui comme des années 50/60 mis à part celui d’Osmin et des janissaires qui  sont d’un caractère turc assez marqué.

Mais l’essentiel étant dans la musique et le chant il faut applaudir sans réserve le plateau des chanteurs et le chef comme l’Orchestre du Capitole.

Tito Ceccherini que nous avions déjà fort apprécié dans Béatrice et Benedict de Berlioz se montre digne de cette œuvre qui contient en germe toute la suite des opéras de Mozart. Une partition allante et fruitée, virevoltante et légère dont la saveur inventive est toute mozartienne.

Mozart à 26 ans vient de s’installer à Vienne ayant claqué la porte de son Archevêque et patron. Il croit en un avenir radieux,  chante avec sa musique cette joie irrépressible d’être libre et d’espérer.

La partition comporte des passages à l’imitation de la musique turque avec triangles et cymbales et prend cette allure syncopée et frémissante que nous accordons au Moyen Orient de légende.

Tito Ceccherini semble découvrir chaque page et pourtant il maitrise avec une complicité savante toutes les facéties que réserve l’oeuvre, il s’en émerveille et à chaque instant nous prend à témoins de la perfection qui renait sous nos yeux et à nos oreilles. Son accompagnement aux chanteurs  délicat, assuré, laisse respirer et s’accomplir le chant.  Chacun des solistes avance et joue à la perfection son rôle. Une impression de liberté et de naturel ressort de cette représentation proche de l’idéal.

 Jane Archibald  Canadienne) est Kostanze. Virtuose, puissante et musicienne, son caractère dramatique s’impose avec réalisme. Elle est bien cette femme aimante qui refuse de se soumettre à celui qui la tien prisonnière. On y croit !

Le ténor  Mauro Peter (Lucerne) chante avec conviction et puissance. Le timbre est beau et sa jeunesse apporte au personnage de Belmonte une authenticité parfaite.

Dimitry Ivanchey donne à son Pedrillo toutes les nuances comiques et tendres de ce personnage spirituel et débrouillard. La voix d’un timbre clair et léger convient avec sa jeunesse à ce rôle plaisant, de plus il traite son rôle avec un souci de musicalité parfait.

Gagnante de la soirée pour sa grâce,  son rire enfantin, son aisance sans entrave et sa prestance vocale la jeune israélienne Hila Fahima dont le timbre clair et charnu lui assure un triomphe  dans une Blondchen enlevée et pétulante .

Franz Josef  Selig s’est fait entendre dans des rôles admirables comme le Gurnemanz du Parsifal de Wagner et tant d’autres. Je me souviens de sa venue à Salzbourg (1991 deuxième centenaire Mozart) pour le Messie de Haendel orchestré par Mozart…Je le découvris alors et depuis je ne cesse de le trouver toujours exactement à sa place et naturellement évident de talent et de musicalité.

Il campe un Osmin intelligent mais  têtu et d’une mauvaise foi constante. La voix toujours profonde jusqu’au abysses demeure capable d’émouvoir même pour un rôle qui doit porter à rire.

Comme Hila Fahima, il a ce grain de subtilité dans son jeu et dans sa pose de voix qui vous bouleverse et convainc que l’on écoute avec eux le meilleur du chant mozartien.

Une belle après-midi avec Mozart. Nous sommes sortis du temps, avons tout oublié au cours de ces trois heures.

Rien ne vaut ces représentations avec des artistes d’une telle sincérité et d’une telle intelligence artistique

Amalthée

 

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Hélène Cadouin dite "AMALTHÉE"

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