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D’un fauteuil à l’autre

 

Marseille

 

De la Télévision à la scène

 

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La Chauve Souris

 

 La jeune soprano Jennifer Michel est originaire de Nîmes. A voir sur You Tube dans la Chauve Souris de Strauss commentée cette semaine

 

 L’opéra de Marseille est l’une des Maisons lyriques les plus anciennes de France.  Inauguré en 1787 le Grand Théâtre devait brûler en 1919 après une représentation de l’Africaine de Meyerbeer.

 

 

Reconstruit  et inauguré à l’automne 1920 il ouvrit ses portes sur le Sigurd de Reyer.

 

La colonnade de 1787 étant demeurée partie du nouvel édifice le bâtiment est désormais classé aux monuments historiques depuis 1997.

 

Mais  dans la réforme Landowski qui remonte  à une bonne cinquantaine d’années, l’orchestre n’avait pas été sorti de sa position provinciale et manqua  sa reconversion. Il faut dire que le Maître Landowski avait ses têtes !

 

En son temps , la grande Renée Auphan (2001-2008) qui dirigea la salle marseillaise après Lausanne et Genève  lui apporta après la très remarquable présence de Jaques Karpo(1974-1991) de véritables atouts de progrès. Mais si la politique et les finances ne viennent pas à l’heure, les meilleurs volontés demeurent sur place. Par bonheur beaucoup de vent favorable a soufflé sur la cité ensoleillée et son directeur actuel  depuis 2008 Maurice Xiberras est parvenu à remettre l’opéra de Marseille au rang des scène lyriques européenne avec un bon classement.

 

Preuve en est cet enregistrement de la Chauve Souris de Johann Strauss qui nous est offert sur la 3 . Concert programmé alors que  les potron minets se doivent de dormir : Minuit et plus ! Heureusement, il y a le podcast et le bon vieil enregistreur…

 

Rappelons que c’est à Marseille que les symphonies de Beethoven-au XIX°siècle ont été jouées pour la première fois  en France. Si Marseille a une réputation un peu difficile surtout depuis la première guerre mondiale, c’est à cause des voyous qui s’y sont installés et qui ont perduré.

 

Mais Marseille a un public de qualité et une tradition pour l’opéra et la musique et soyons heureux de voir à la télévision un de ses spectacles en espérant en voir d’autres, car le programme est  souvent très intéressant par ses choix hors le train train et autres habitudes.

 

La Chauve Souris est bien plus qu’une opérette ! Alain Lombard et Georges Prêtre tout comme Carlos Kleiber en ont été de fervents amoureux. La Chauve Souris est bien autre chose qu’une plaisanterie lyrique pour petit bourgeois en goguette ! C’est une leçon de vie et de courtoisie grinçante et souriante . Une page d’un temps de relations humaines à retrouver pour sa philosophie humaine et réaliste.

 

 À Vienne c’est un incontournable rendez vous lors du passage à l’an nouveau.

 

Ici la version française a été de mise !

 

On se demande pourquoi ? Une œuvre pâti toujours de certaine transformations. Et là les dialogues perdent leur sel et leur à propos. De plus les rôles masculins basculent complètement ! L’esprit et le style des personnages ne sont plus en adéquation avec le livret.

 

Nous ferions bien d’habituer le public au versions originales sous titrées ! Le temps de Lohengrin de Wagner en français est heureusement terminé. Et même pour la Chauve Souris il faudrait tout de même se mettre à l’heure des versions originales . La culture se mérite comme le bonheur ! Nos voisins italiens, allemands et anglais donnent Pelléas et Mélisande en français. Et les Troyens de Berlioz de New York à Salzbourg se donnent en français. Fermons la parenthèse en rappelant que la diffusion sur une chaîne de télévision comme la 3 implique que l’on soit au niveau universel et non pas local.

 

À la direction de l’orchestre de Marseille Jacques Lacombe qui signe là un belle page rythmée en envols de grand classe. Passages de langoureuses évocations galantes et galop d’enfer semblent jaillir avec une aisance naturelle de ses mains. Il sourit parfois ce qui doit être rare !

 

L’orchestre possède de très beaux solis et des cordes voluptueuses et bien tenues.

 

L’ensemble de la prestation orchestrale est d’un niveau tout à fait intéressant. Et les chanteurs comptent pour ce chef très habitué du répertoire français qui fait encore les beaux jours du Festival Massenet à Saint Étienne.

 

La mise en scène de Jean Louis Grinda est une grande réussite. Pour cet artiste qui sait lire un œuvre, comprendre les acteurs et suivre la musique , le texte est prioritaire comme le compositeur. Sa première qualité est de ne pas de  mettre  en scène lui même. Le résultat est efficace et somptueux. Les acteurs sont libre tout en étant bien conduits et les décors de Rudy Sabounghi comme les costumes de Danielle Barraud En vedette absolue deux sopranos d’un niveau absolument supérieur .

 

La première a déjà accompli une belle carrière , dont une interprétation inoubliable du page Oscar dans le Bal masqué à Orange  Anne Catherine Gillet en Caroline[1]. Une présence lumineuse et fière. De la classe ! Quel aplomb et quelle élégance . La voix musicalement parfaite , se déploie avec  aisance et naturel tantôt en  douceur et tantôt animée de  passion. La prononciation est parfaite d’intention et d’intonation , audible et à la hauteur de ce rôle délectable. Un rôle qui ressemble à une bienfaisante récréation pour cette Mélisande admirable.

 

La seconde est  une découverte de taille celle de la jeune soprano Jennifer Michel dans le rôle d’Arlette [2] Originaire de Nîmes , ayant étudié au Conservatoire de Marseille et fait partie du CNIPAL s’est montrée étonnante dans le rôle escarpé et d’une vaillance virtuose confondante. Formons des vœux pour que cette  voix si musicale et bien conduite accède aux scène internationales rapidement.

 

Elle nous a campé  par son allant, son ardeur et son allure  pétulante une  adorable coquette à la voix de miel et  citron qui nous a  véritablement enchanté.  Charmeuse et un brun narquoise son interprétation si naturelle et pourtant parfaitement au point colle à la musique et au texte à la perfection.

 

La mezzo soprano Marie Gautrot a un grand mérite car le Prince Orlovsky est un rôle très exigent sur le plan scènique et vocal.  La voix bien timbrée , agile et souple  mais la prononciation difficile et le ton comme la personnalité du personnage ne sont pas encore à la portée de cette artiste de qualité .

 

Les messieurs sont assez bien distribué dans des rôles qui en français manquent de relief. Olivier Grand, Alexandre Duhamel, Jean-François Vinciguerra doivent être écoutés et vus dans d’autres circonstances. Le ténor Julien Dran ne semble pas concerné par son rôle.

 

Une bien belle représentation qui met à l’honneur l’opéra de Marseille. J’espère que pour d’autres productions qui méritent une retransmission .

 

Vous pouvez voir et entendre une partie du spectacle sur You Tube. C’est un peu embrouillé mais cela donne une idée assez juste du spectacle.

 

Pour d’autres représentation ici et là consultez votre programme aux heures de nuits.

 

Amalthée

 

 

 



[1] Rosalinde en version originale

[2] Adèle dans la version originale

 

 

 

 

 

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Hélène Cadouin dite "AMALTHÉE"

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