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Chorégies d’Orange

10 Juillet

 

Mauvais garçon charmeur avec Bryn Terfel

 

Bryn Terfel  en concert  le 10 Juillet avait choisi des extraits des opéras français, Italiens et allemands, Elisir d’Amor, Mephistofele  (Boïto), Faust (Gounod), Freischütz (Weber), Tosca (Puccini), le credo de Jago de l’Otello de Verdi, un chant de Mack venu de l’Opéra de Quat ‘sous de Weil puis Wagner avec le Hollandais et  Wotan dont  Les Adieux à Brunnhilde.

Bryn Terfel interprète souvent  les rôles de “bad boys“. Les “méchants“ ou bien encore ceux qui ne se laissent pas leurrer et parfois conduisent les autres à leur perte comme Jago dans Otello et Mephistofele, également son double français chez Gounod.

Tout de noir vêtu apparaissant au pied du  mur d’Auguste et  gravissant   la gigantesque marotte du  bouffon Rigoletto –spectacle du lendemain-. Cela avait grande allure. Il fallait une stature et un aplomb artistique de cette ampleur pour remplir le théâtre romain bien connu désormais qui sert depuis 1970 au Chorégies d’Orange.

Et Bryn Terfel assemble toutes ces qualités. Il fait ses personnages à leur image, à celle que donne le compositeur, mais il les marque de sa personnalité de son jeu clair et engagé. Parfois d’un toupet immense… toujours en respectant musicalité et caractère vocal. Passionné mais probe avec l’esprit de l’œuvre.

Bryn Terfel  produit un chant d’une qualité musicale irréprochable même si certains traits de ses rôles sont fortement accentués. Il sait, devine d’instinct jusqu’où il peut aller loin. C’est ce que j’aime en lui, ce goût du risque et ce risque pris qui ne chavire jamais.

La voix et l’artiste sont  infiniment présents sur la  scène d’Orange, grâce à l’utilisation du décor géant du Rigoletto du lendemain. Le chanteur se plonge  à fond de  geste théâtral, dans l’élan ,  parfait de maîtrise et de présence,  tension intellectuelle, intonation des personnages  parvenant au public dans une approche irrésistible comme jamais.

Bryn Terfel excelle à travestir, changer de cap. Passer –au cours d’une carrière fournie- de la pleutrerie d’un Leporello si souvent campé avec duplicité à la grandeur meurtrière de Don Giovanni puis plonger son regard dans celui de Tosca dont il semble vouloir avaler les lèvres d’un seul regard ! Pour Falstaff  également il crée un monde à lui seul !

Bryn Terfel qu’il aborde le chant des italiens de Donizetti ou Verdi–de Falstaff à Otello ou Wagner par le Walter des Maîtres Chanteurs, le Hollandais et le Wotan de l’Or du Rhin et la Walkyrie montre une versatilité attachante . Tenue du son et projection sont faits pour cet amphithéâtre très risqué pour d’autres. Lui sait utiliser la hauteur et l’ampleur des lieux, le fait qu’il a pu se hausser de quelques mètres lui fut profitable.

À Orange il nous a  séduits par son  Dulcamara d’un ironie “bonhomme“ liée à une bonté feinte et un accent irrésistible. Contraste saisissant dans la fureur et les  cris d’une rage venimeuse d’un Jago démentiel.   Et sans doute ce sera le sommet de ce concert car la voix conserve pour ce personnage la dureté acérée du métal et la noirceur, vibrato très serré et musical,  si bien distillée par l’interprète. On aime également qu’il aborde, même sans le décor et l’ambiance,  un  Hollandais très lointain et un  Wotan campé dans son atmosphère mélancolique et attendrie.

L’essentiel tient aussi à l’entente parfaite d’un Orchestre  National de France en pleine forme dont le chef Finlandais Miko Franck obtient avec un amour communicatif des œuvres une palette sonore et une passion interprétative magnifiques.

En entre chants Miko Franck nous a donné un Prélude de Lohengrin d’un raffinement et d’une poésie étourdissants.

 

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