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Festval de Piano de La Roque d’Anthéron    Abdel Rahman El Bacha

 Les préludes en 24 Tonalités

Bach, Chopin, Rachmaninov

 Les chants de  liberté et d’ l’émerveillement

 La magie de la curiosité nous a fait nous nous presser très nombreux à la soirée de la Nuit du Piano du  22 juillet. Au cours  laquelle, en trois épisodes 20, 21h30 et 23 heures le très inspiré Abdel Rahman El Bacha , familier de défis d’interprétation choisis et originaux , nous a embarqués dans l’aventure des tonalités.

Dans l’ordre à partir de Ut (Do), majeur et mineur ; dièse et bémol pour les notes concernées.

Le tempérament ? La tonalité ? Pourquoi  et comment entendre ces 24 tonalités se demandent certains mélomanes ? Il est permis lorsque l’on n’en est  pas instruit de manière  avancée en solfège, ou en a oublié une part, de se trouver un peu gèné pour apprécier.

Sachons qu’il n’existe pas de véritable explication rationnelle pour le phénomène. Et que certains musicologues s’opposent encore à leur donner un sens émotionnel ou spirituel.

Pour le commun des mortels il est admis de constater que : dans l’accord tempéré, les 24 tonalités majeures et mineures se composent de notes correspondantes, entre lesquelles règnent les mêmes rapports fluctuants.[1]

Au départ de l’événement de ce concert  unissant par ces liens trois compositeurs et leurs œuvres du même style,  sous les doigts et dans la tête du pianiste, il s’agit de l’opus didactique et fécond du Père de la musique : Johan Sebastian Bach 1685-1750 et de son  Wohltemperierte Klavier: clavier bien tempéré.

 

« Clavier bien tempéré, ou préludes et fugues dans tous les tons et demi-tons, tous deux avec la tierce majeure ou ut, ré, mi et avec la tierce mineure ou ré, mi, fa. Pour la pratique et le profit des jeunes musiciens désireux de s'instruire et pour la jouissance de ceux qui sont déjà rompus à cet art. »[2]

Encore peut-on pour nous éclairer d’une certaine façon remonter quelques années avant la composition de ce recueil référentiel  sans égal, pour constater que, sorti tout droit des  Cloîtres et de la liturgie d’Église, à partir du 16ème  siècle les modes musicaux prennent un caractère différent selon les tonalités. Ainsi  Johann Matterson attribue  au mi majeur une expression  de mort et de désolation. Un siècle plus tard et quelques années d’adolescence passées le romantique Berlioz lui accordaient à ce même mi majeur l’adjectif éblouissant. Quant à Richard Wagner il n’attribuait aucun caractère définitif à la tonalité.

 Deuxième intervenant Frederick Chopin 1810-1849, évidemment  admirateur de Bach. Il commence ses Préludes en 1835 et  puis, partant pour  Majorque avec cette chère Mante Religieuse de G.Sand, il subira l’épouvantable hiver 1838/39 en continuant d’approfondir  ce fameux Clavier bien tempéré et en avançant ses propres Préludes organisés selon le cycle des Quintes. Il aura terminé la partition en 1839 et chaque pièce aura une durée très variable de 3à secondes à 5 minutes. Un seul opus le 28.

Enfin dernier invité le très brillant virtuose et compositeur d’ exception Sergey Rachmaninov qui annonce sa filiation fidèle avec le romantique Frédérick et jusque dans son Opus 22(qui n’est pas un prélude)mais  une Variation de son  20ème Prélude  .

Premier opus en 1898, S.R a 25 ans et il porte l’opus 3 et le numéro 2 en do dièse  mineur, il devient le plus célèbre sans doute. Et puis Dix préludes pour l’opus 23 (1901-1903) et Treize pour l’opus 32 (1910).Chaque série numérotée dans l’ordre.

 

Si Bach ouvre avec le Ut majeur et termine en Si mineur en suivant l’ordre majeur/mineur, dièse Majeur/mineur dièse/bémol selon les notes.

Chopin a pris l’ordre des Quintes.

Rachmaninov n’adopte véritablement pas de structure et s’il définit parfaitement le  Prélude comme genre musical instrumental, il en déborde sa propre description et définition.[3] Avec Rachmaninov concertistes talentueux , mais  doué de façon très originale bien que succédant à  une  génération emphatique, nous demeurons dans  la filiation, l’ascèse et la règle superbe de Bach, tout en vivant  un climat d’extase mais en deçà de l’emphase importune.

Enfin rappelons que les petits et grand maîtres se sont copieusement chamaillés à propos du “Tempérament“[4]

Je me permets ici de commencer cet  article par quelques  éclaircissements sur les œuvres jouées en un seul concert. Les trois  modules liés par deux entractes  offre une certaine similitude  avec le monde de l’opéra. Nous vivons une histoire imagée celle de la Tonalité. Et la plupart des réflexions entendues   venant du public portaient justement sur l’alliance  d ‘œuvres au premier abord sévères et qui se révélèrent comme expression de liberté et d’imagination créatrice.

Abdel Rahman El Bacha a enregistré les œuvres de Bach  dominant ce fil du savoir et du partage pour   crée son décor intérieur. Nous l’avons entendu   dans les premières années deux mille, entendu au cours de six journées interpréter dans la chronologie de leur composition l’intégrale des œuvres pour clavier  de F. Chopin.

Ici avec  le do majeur, lumineux  initié par Bach il nous ouvre un tout autre monde, celui de l’improvisation et de la liberté de s’émerveiller. La densité des pièces sérieuses et charpentées voisine avec quelques envols nous poussant vers le rêve ou vers la joie de reconnaitre tel Prélude plus célèbre que d’autres.

Et les passages à 24 reprises  d’un compositeur à l’autre qui sembleraient réguliers  deviennent autant de surprises comme en un labyrinthe enchanté où les alternances de buis admirablement taillés au cordeau se troublent  de fleurs sauvages qui les égaient et perdent le joueur masqué d’un soir de fête. Que nous sommes.

Attendus ou inattendus selon l’auditeur, nous  (dirait Mr de La Palice) ces degrés  se révèlent source de toutes les audaces de l’imagination ! La nôtre sollicitée et celle du meneur de jeu. Nous sommes là-au départ- bien décidés et capables de compter ! Un deux et trois…Un temps de la valse ! Vigilant ! Interrogateur ! Guettant attentif l’ “air “et se laissant attraper lorsque surgissent les notes annonciatrices… soudain  ce bonheur insigne de reconnaître une fois encore une ancienne ronde ou prière, une suite de signe que l’on a tapoté sur un clavier ? Est-ce cela le rêve et le dépaysement ? être soudain projeté dans l’attendu et le vécu de la musique en voulant encore une fois être étonné et joyeux ! Cette sublime impression de déjà entendu qui ne sonne nullement de la même manière ! Ce monde entrouvert qui peu à peu change et se dilue dans l’éther de nos âmes.

 Cher  Abdel Rahman El Bacha une fois encore, quelle merveilleuse scène vous savez créer par le jeu intense, clair, lumineux et inspiré de ces Préludes. Cet espace  sans limite précise que le  compositeur, les  compositeurs  choisissent pour y déposer leurs secrètes pensées et invites  de l’instant comme de leurs plus précieuses inspirations ! Et notre égarement momentané  qui nous conduit  aux sources  de nous mêmes, à nos souvenirs et à nos espérances.

Passer en une soirée de l’évidence du génie créateur, Bach, auquel chacun tente

D’apporter sa  lecture,  à la virtuosité pur sang, si difficile à équilibrer de Rachmaninov, en s’appuyant sur le pianiste le plus littéraire F.Chopin, sans que le mystère ne se dévoile tout à fait, quel prodige !

Sans équivoque, voici pour moi un Programme et un concert à l’idéal au même titre qu’une intégrale des sonates de Beethoven.

Nous avons l’unité du genre BET la liberté de la pensée poétique.

Un des plus beaux concerts de ma vie d’amateur et de journaliste.

 

   

                                                 



[1] Cadenceinfo.com

[2] Insertion du premier livre publié par Bach en 1722. L’ouvrage sera revu jusqu’à la mort de Bach en 1750

[3] Le prélude est une forme de musique absolue, destinée comme son nom l’indique, à être jouée avant un morceau de musique plus important ou comme introduction à une certaine fonction. La forme s’est toutefois étendue à de la musique tout à fait indépendante. Mais aussi longtemps que ce nom sera donné à un morceau de musique, l’œuvre devra, dans une certaine mesure, satisfaire à la signification de ce titre ».

[4] Partage de l’octave en douze demi tons égaux (Larousse)

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Hélène Cadouin dite "AMALTHÉE"

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